Living labs et lighthouses dans la mission sol

Living labs et lighthouses dans la mission européenne "Un pacte pour des sols sains en Europe" : de quoi parle-t-on ?

Le plan d’implémentation de la Mission européenne apporte de nombreux éléments sur le concept de Soil health living labs, ou laboratoires vivants pour la santé des sols. Le groupe d’experts nommés par la Commission européenne pour la conseiller dans la mise en œuvre de la mission, le Soil Mission Board, a également produit un court rapport de 13 pages partageant leur compréhension et leurs recommandations sur le développement des laboratoires vivants dans le cadre de la mission européenne. Enfin, plusieurs projets tels que PREPSOIL, Nati00ns, ou le partenariat SOILL ont produit et produisent encore des ressources pour mieux accompagner les potentiels porteurs de projets (en savoir plus).  

Les éléments de définition et de cadrage proposés ci-dessous sont issus de ces productions.

Il est a noté que le concept de Living lab ou laboratoire vivant existait et était utilisé bien avant la mission européenne, comme le rappelle le Soil Mission Board dans son rapport « Mission Soil Board’s view on Soil Health Living Labs under Horizon Europe ». Les laboratoires vivants comme dispositifs d’innovation se sont peu à peu développés dans des secteurs sujets à des transformations profondes, touchant progressivement de plus en plus de domaines.

Dans le secteur agricole par exemple, des laboratoires vivants ont émergés face aux questions posées par la nécessaire évolution des agroécosystèmes vers une gestion plus durable.

Illustration : EPPDCSI, Barbara Govin , Aline Rollin, Elizabeth Holleville (CC-BY-SA)

Qu'est-ce qu'un laboratoire vivant ?

Les laboratoires vivants sont des écosystèmes de recherche et d’innovation transdisciplinaire, centrés sur l’utilisateur et ancrés dans un territoire.

Dans le cas de la mission européenne, les laboratoires vivants visent à adresser, en conditions réelles, une problématique liée à la gestion et à la préservation des sols du territoire dans lequel ils s’inscrivent.

Ils impliquent différents acteurs concernés par la recherche, la co-conception, l’expérimentation, le suivi, l’évaluation et la mise en œuvre de solutions visant à améliorer la santé des sols. Cela inclut l’ensemble des parties prenantes : les acteurs de la recherche et du développement, les gestionnaires des terres, les autorités publiques, les entreprises de l’amont à l’aval, et les citoyens.

Ainsi, s’il existe des formats et des fonctionnements divers, les laboratoires vivants mis en place dans le cadre de la mission doivent partager ces trois aspects fondamentaux :

    • La production de connaissances, de solutions innovantes relatives à l’amélioration de la santé des sols et services écosystémiques rendus
    • Une approche multi-acteur, en co-création, qui place l’utilisateur aux centres des réflexions. Les laboratoires vivants rassemblent les parties prenantes des problématiques abordées. Celles-ci ne sont pas seulement consultées, elles contribuent à la définition des problématiques à résoudre, à la formalisation de solutions à tester et à l’évaluation de ces solutions
    • Un ancrage territorial, en conditions réelles, pour construire des innovations qui répondent aux réalités économiques, sociales et environnementales locales. Un laboratoire vivant opère généralement à une échelle régionale ou sub-régionale et ne se limite pas à un seul site, mais coordonne des activités sur plusieurs sites d’expérimentation (exploitations agricoles, forêts, parcs urbains, sites industriels…) au sein d’un même paysage ou territoire. Cette approche permet de traiter la santé des sols comme un système complexe, en tenant compte des interactions entre les différents usages des terres.

La notion de Soil health lighthouse et l’articulation avec les laboratoires vivants

Les Lighthouses, ou “phares”, sont des sites de démonstrations, permettant de présenter et mettre en avant, en conditions réelles, des pratiques et solutions aux résultats exemplaires pour l’amélioration de la santé des sols.

Ce sont des lieux destinés aux démonstrations, à la formation, au réseautage et à la communication auprès des futurs utilisateurs, des décideurs politiques ou de la société en général.

Le tableau ci-dessous synthétise les distinctions entre un laboratoire vivant, un site d’expérimentation d’un laboratoire vivant, et un phare.

Dispositifs

Échelle

Activités

Amélioration de la santé des sols

Laboratoires vivants

Régionale, sub-régionale, paysage

Coordination des expérimentation et des partenaires

En cours, à l’échelle du paysage

Site expérimental

Local (une exploitation agricole, un parc urbain, un site industriel, …)

Co-création de connaissances et d’innovations

En cours, à l’échelle du paysage

Phare

Local (une exploitation agricole, un parc urbain, un site industriel, …)

Démonstrations, expérimentations

Efficacité démontrée en termes d’amélioration de la santé des sols

En résumé : les critères qui caractérisent les laboratoires vivants et les phares

Le tableau ci-dessous sont issues du plan d’implémentation de la mission (traduction non officielle) de la Commission européenne, qui s’est appuyée sur les travaux de McPhee et al. (2021) caractérisant les livings labs développés pour répondre aux défis environnementaux des agroécosystèmes (https://www.mdpi.com/2071-1050/13/4/1718).

Laboratoires vivants

Objectifs

  • Innovation, co-création, apprentissage formel
  • Contribution aux défis sociétaux
  • Améliorer la santé des sols et les services écosystémiques rendus par les sols (en lien avec les objectifs de la mission)

Activités types

  • Co-création, co-développement et expérimentations de solutions innovantes pour améliorer la santé des sols et les services écosystémiques associés
  • Recherche relative aux impacts de ces pratiques et solutions innovantes sur les écosystèmes
  • Mise en réseau d’acteurs et partage de connaissances
  • Démonstration (activité menée en particulier dans les phares)

Participants

  • Partenariats public-privé
  • Utilisateurs des solutions développées (gestionnaires des terres en lien avec une diversité de parties prenantes et de décideurs)
  • Dans le cas des démonstrations : grand public, acteurs politiques, réseaux d’acteurs pertinents (notamment le Partenariat Européen pour l’Innovation « pour la productivité et le développement durable de l’agriculture »

Contextes

  • Périmètre variable : disciplines (transdisciplinaire, inclusion des sciences économiques et sociales), méthodes, dimensions (techniques, économiques, sociales)
  • Une approche ancrée dans un lieu, un territoire, en contexte réel (vraies exploitations agricoles, vraies municipalités et autres sites urbains, vraies exploitations forestières, etc.)
  • Configuration robuste et de long-terme pour l’évaluation des écosystèmes et services écosystémiques.
  • Ouverture, communication, diffusion

Aller plus loin

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter les ressources (en anglais) ci-dessous : 

Enfin, la plateforme d’implémentation de la mission rassemble de nombreuses ressources relatives à la mise en oeuvre de la Mission “Un pacte pour des sols sains en Europe”, notamment la liste des projets financés, leurs actualités, et les productions du Mission board.

Phares

Critères basés sur le caractère exemplaire des performances en termes de santé des sols et services écosystémiques associés.